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DOSSIER - Pâturage dynamique : révolution ou bon sens ?

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   par : 3 personne(s)


Actualisé le 6 avril 2018



La ferme du Lycée les Vergers à Dol de Bretagne,expérimente depuis plus d’un an le pâturage dynamique.

Jérôme Roizil, conseiller en élevage Eilyps, est allé à la rencontre de Pascal Lecompte. Il nous présente les résultats des premières expérimentations. Interview.




Pourquoi avoir fait le choix du pâturage dynamique ?

« Depuis plusieurs années, nous sommes axés sur le pâturage avec une surface par vache de 30-35 ares. Suite à la construction d’une route, une partie de parcelle accessible a été supprimée et nous avons dû revoir notre gestion de paddocks. T

Tous les mois, notre conseiller nous aide à nous recaler sur la technique et à adapter la ration à l’auge pour maintenir le niveau de production laitière. Nous avons pour objectif de valoriser la qualité de l’herbe et gagner en quantité de pâturage sans augmenter le temps de travail ».

Quelles différences par rapport à un pâturage classique ?

« Afin de faciliter les rotations et éviter le surpâturage, nous avons dû revoir le nombre de paddocks en passant de 9 à 22.

Désormais, nous observons davantage le nombre de feuilles plutôt que la hauteur d’herbe. Nous surveillons plus précisément la durée du cycle à travers la mise en place d’un calendrier de pâturage.

Une fois le circuit défini, il suffit de faire tourner les animaux. Cela limite le travail journalier car il n’y a pas de fil avant ».

Quelles sont les difficultés du système ?

« Le plus difficile est d’acquérir de nouveaux repères : stade 3 feuilles, hauteur de gaine, durée du cycle... Le mélange des espèces, comme le RGA et la fétuque, est plus compliqué à gérer surtout au moment de l’épiaison ».

Quels investissements pour la réalisation du projet ?

« Suite à la construction de la route, nous avons dû nous adapter et réaménager l’ensemble des paddocks. Pour un budget de 4000 €, nous avons acheté des piquets de clôture pour découper les ilots, revu les chemins d’accès et augmenté le nombre de points d’eau ».

Quels sont les résultats obtenus après 18 mois ?

« Au printemps 2016, nous manquions de stocks de maïs et nous avions surpâturé les ray-grass dès mars, pénalisant la pousse au printemps. Par contre, nous avons respecté un repos estival suite aux fortes chaleurs de l’été dernier.

Nous démarrons l’année 2017 sur de bonnes bases avec une densité et un volume d’herbe importants. Avec une année de recul, nous connaissons les erreurs à éviter même s’il faut 3 à 4 années pour bien maitriser la technique.

À moyen terme, nous avons pour objectif de valoriser 10 t de matière sèche d’herbe par ha contre 6 t auparavant (moyenne des résultats de 2010 à 2015). Je suis confiant ».


++ Quelques mots de Jérôme Roizil sur le pâturage dynamique

« La technique du pâturage dynamique est basée sur l’observation de la plante.

4 règles d’or sont nécessaires à sa réussite :

• respecter les temps de repos (20 à 120 j) ;
• pas de surpâturage (hauteur gaine) ;
• entrer les animaux au stade 3 feuilles ;
• adapter du temps de présence (0,5 à 3 j par paddock).

Tous ces éléments ne sont pas nouveaux mais on oublie souvent de les respecter. Les enjeux sont importants dans un contexte compliqué ou chaque tonne d’herbe gagnée par hectare équivaut à une économie de 130€* (maïs vendu et correcteur en moins). Je suis convaincu de la réussite de cette technique car elle réside sur du bon sens ».


Propos recueillis par Jérome ROIZIL
Conseiller Elévage Eilyps


 

 

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